Publication officielle
du Nouveau Contrat social
Un Nouveau Contrat social, un document
de 12 pages, rédigé en français et en créole, a été lu,
le dimanche 13 novembre 2005, par le Groupe des 184+ sur
la Place du Drapeau de l'Arcahaie. Ce contrat vise la
cohésion sociale et l'inclusion des citoyens du pays.
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| Le Premier ministre
Gérard Latortue et le Chef du Cabinet
particulier du président de la République,
Me Michel Brunache sont en train de recoudre
le drapeau national.Au milieu un personnage
légendaire tenant le bicolaire national.
(Photo François Louis) |
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| De gauche à droite,
Me Michel Brunache et le Premier ministre
Gérard Latortue. En arrière plan, le responsable
des Affaires culturelles du Groupe des
184+, Yanick Lahens et le coordonnateur
du Groupe, André Apaid Junior. (Photo
François Louis) |
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| Une vue de la
foule. |
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D'entrée de jeu, un personnage légendaire, une femme avec
deux bandes d'étoffe (bleu et rouge) dans ses mains, sort
à côté du monument de Jean-Jacques Dessalines sur la Place
du Drapeau. Elle représente Catherine Flon et s'approche
du podium sur ordre du metteur en scène, Daniel Marcelin,
l'actuel directeur du Théâtre national.
Pour la circonstance, le Premier ministre Gérard Latortue,
le ministre de la Culture et de la Communication, Magali
C. Denis, le ministre de l'Economie et des Finances, Henri
Bazin, l'ambassadeur de France accrédité en Haïti, Thierry
Bucard, le maire de la ville de l'Arcahaie, Wilbert Casséus,
des membres de délégations des dix départements du pays,
des membres du Conseil électoral provisoire (CEP), des
représentants du Corps diplomatique, des leaders politiques,
des jeunes et des adultes ont payé de leur présence. Le
président provisoire de la République, Me Boniface Alexandre,
s'était fait représenter par son Chef de Cabinet particulier,
Me Michel Brunache.
Des tentes dressées sur la Place
Des tentes ont été dressées sur la Place du Drapeau de
l'Arcahaie pour accueillir les représentants des dix départements
géographiques du pays. Sur chaque chaise, se trouvaient
un exemplaire du Nouveau Contrat social et un sac fabriqué
en fibres de cocotier.
Dans les parages de la Place du Drapeau, des jeunes et
des adultes arboraient des T-shirts du nouveau contrat
social. D'autres distribuaient des exemplaires du Nouveau
Contrat social, rédigé en français et en créole par l'historien
Michel Hector et le sociologue Laennec Hurbon.
Un fort dispositif de sécurité a été remarqué. Des unités
spécialisées de la Police nationale d'Haïti (PNH) et des
soldats de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation
en Haïti (MINUSTAH) étaient postés dans les parages de
la Place du Drapeau.
Un buste de Jacques Roche, assassiné lâchement le 14 juillet
2005, a été installé sur la Place. Le coordonnateur du
Groupe des 184+, André Apaid Junior, a déposé une gerbe
de fleurs devant ce buste quelques minutes avant la fin
de la cérémonie. Au cours de ce geste, on auditionnait
le texte rédigé et lu par le poète lui-même avant son
assassinat : ''Tu ne peux tuer mon rêve''. Un silence
de plomb retentissait sur toute la Place.
Au cours de cette cérémonie, les représentants de certains
secteurs vitaux de la nation ont recousu le drapeau national,
jurant les grands dieux de bâtir une nation prospère et
solidaire. En dépit de leurs divergences idéologiques,
tous ont promis de se hisser à la hauteur des grandes
exigences nationales du moment.
L'historien Michel Hector et le syndicaliste Jean Lavaud
Frédéric ont lu respectivement en français et en créole
le préambule du Nouveau Contrat social ; le syndicaliste
Jean-Claude Lebrun, le président de la Chambre du Commerce
et d'Industrie d'Haïti (CCIH), Dr Reginald Boulos, et
le syndicaliste Charles Faustin ; le responsable des droits
humains, Jean-Claude Bajeux ; le coordonnateur du Collectif
de Cité Soleil, Charles Dunais ; le secrétaire général
de la Fondation Nouvelle Haïti (FNH), Leopold Berlanger,
les syndicalistes Fritz Charles et Patrick Numa, l'ingénieur
Pascale Oriol, la représentante des marchands du Village
de Dieu, Mme Florence Maître, l'ingénieur civil Pierrot
Exama, le non-voyant Peterson C. Orélus, le dirigeant
de l'Initiative de la Société civile (ISC), Rony Desroches,
le représentant de l'Association des Médecins haïtiens
(AMH), Georges Beauvoir, l'ingénieur Jessie Benoît ont
procédé à la lecture des textes du Nouveau Contrat social
ayant rapport aux blocages empêchant le pays de sortir
de son ornière.
Sur demande du maître de cérémonie, Elisabeth Alphonse,
le Premier ministre Gérard Latortue et le Chef du Cabinet
particulier du président de la République, Michel Brunache,
ont recousu le drapeau national, puis s'étaient mis debout
pour le hisser. Cependant, le drapeau ne pouvait être
hissé suite à un petit problème technique.
Puis, le Premier ministre Gérard Latortue et le Chef du
Cabinet particulier, Michel Brunache, ont déposé une gerbe
de fleurs devant le monument de Jean-Jacques Dessalines.
Le responsable des Affaires culturelles du Groupe des
184+, Yanick Lahens, l'ingénieur Jessie Benoît et le professeur
à l'Université d'Etat d'Haïti (UEH) Michel Hector ont
respectivement fait le même geste devant les monuments
de Catherine Flon et du général Laporte.
Défendre l'intérêt collectif
Mme Yanick Lahens a révélé que l'inclusion, la citoyenneté
et le lien social traversent le Nouveau Contrat social.
De l'avis de la romancière, ce Contrat n'est ni un programme
politique, ni une Constitution, ni la propriété privée
d'une catégorie sociale, mais demeure ''une vision commune
et une volonté partagée pour la construction d'un nouveau
vivre ensemble''.
12 accords constituent une impérieuse nécessité pour ''changer
le pays", a déclaré le coordonnateur du Groupe des 184+,
André Apaid Junior. Il s'agit de l'instauration d'une
justice citoyenne ; de l'institutionnalisation de la vie
politique ; de la dynamisation et la modernisation de
l'économie ; de l'éducation de tous pour la citoyenneté
; de la valorisation du sport, de l'éducation physique,
de la compétition sportive et des loisirs ; de l'accès
universel aux soins de santé ; de la sauvegarde du patrimoine
et de la créativité culturelle ; du développement régional
équilibré ; de la régulation du développement urbain,
de l'intégration des Haïtiennes et Haïtiens vivant à l'étranger
; de l'environnement comme priorité nationale et du Nouveau
Contrat social pour la reconquête de la souveraineté nationale.
Au-delà des accords, la persistance d'une série de blocages
historiques et de discriminations constitue une entrave
à notre cohésion sociale. Les discriminations contre la
paysannerie, les discriminations contre le créole, les
discriminations contre le vodou, les discriminations contre
les femmes, les discriminations liées aux handicaps et
à la santé, le déni de droit et de protection de l'enfant,
les discriminations contre les pratiques religieuses,
une vision réductrice du peuple, le préjugé de couleur,
une démission collective face à la misère, une perception
négative de la richesse, une mauvaise conception de l'autorité
et des conceptions erronées de l'Etat.
Il existe également 13 engagements que les citoyennes
et citoyens doivent appliquer dans leur vie publique et
privée et 15 autres pour porter l'Etat à avoir un comportement
exemplaire dans ses politiques publiques. 11 autres engagements
impliquent les membres et représentants de la société
civile.
Un plaidoyer s'étendant sur plusieurs années suivra le
lancement officiel de ce Nouveau Contrat social. Ce plaidoyer
se déploiera sur trois grands axes : une campagne d'information
soutenue, un programme d'éducation et la promotion systématique
des dispositions du contrat auprès du Parlement et des
instances de décision.
Le Nouveau Contrat social : un long périple
Le groupe des 184+ avait lancé sa caravane de l'Espoir,
le 21 février 2003, au Paradis Disco Club à Jacmel. Saint-Marc,
Gonaïves, Hinche, Fort-Liberté, Cap-Haïtien, Port-au-Prince,
Cayes, Jérémie, et en Floride. Cayes et Cité Soleil, avaient
posé problème lors de la tenue des réunions du groupe.
Près de 300 réunions et consultations en profondeur ont
été réalisées. Une émission de télévision, présentée par
Jacques Roche, a été mise sur pied pour faire la promotion
du contrat. 20 plateformes représentant les sections communales
du pays ont été constituées. Des ateliers de diagnostics
ont été organisés en créole par des spécialistes de chacun
de ces champs pour permettre aux représentants de tous
les secteurs du Groupe des 184+ de participer aux débats.
Jobnel Pierre |